Encyclopédie de la chaussure
Cousus et montages
Le cousu Goodyear ou cousu trépointe
Définition d’un montage Goodyear
Le cousu trépointe et le montage Goodyear sont deux appellations synonymes. La couture trépointe relie la première (ou semelle intérieure), la tige de la chaussure et la trépointe. Cette couture horizontale renforce la solidité de la chaussure, tout en conservant sa flexibilité; une fois la chaussure terminée, cette couture sera invisible. Il existe deux variantes pour le goodyear :
La trépointe semelle collée
Dans ce cas la trépointe est tout simplement collée à la semelle, aucune couture ne vient renforcer le tout.
La trépointe avec une couture à petits points
Cette couture à petits points relie la trépointe à la semelle extérieure, elle est verticale et reste visible une fois la chaussure terminée. L’avantage de cette variante est qu’il est très facile en défaisant la couture de faire changer la semelle extérieure par un cordonnier , ce qui de fait accroît la longévité de votre paire de chaussures préférée. C’est pourquoi les fabricants utilisent des cuirs de qualité supérieure pour confectionner ce type de chaussures, l’objectif étant de s’assurer que la tige résiste aux différents changements de semelles.

Anatomie d’un cousu Goodyear
Dans une chaussure pour messieurs avec un montage Goodyear, il n’y a habituellement pas de semelle de propreté, mais une talonnette de propreté .
Le cambrion est une pièce de métal reliant le talon à la semelle, c’est elle qui va assurer la rigidité de la chaussure lors de la marche et également la flexibilité de sa cambrure.
Le bon bout est la partie du talon que l’on conseille de changer régulièrement afin d’éviter que les « sous-bouts » ne soient entamés par la marche.


Le cousu Blake
Définition d’un montage Blake
Le nom de cette technique vient de son inventeur, l’américain Lyman Reed Blake, et date de 1858. Grâce à une machine, la tige est montée sur une première de montage puis fixée avec de la colle.
Une couture de part en part traverse la semelle, la tige et la première. La gravure vient souvent protéger la couture côté extérieur.

Anatomie d’un cousu Blake
Le cousu Blake repose sur une construction où la doublure se confond avec la 1ère de montage. Cela donne à la chaussure une légèreté incomparable, ainsi qu’un côté cocooning puisque le pied est littéralement enveloppé comme dans un gant.
Avec cette technique, la couture du montage Blake est visible à l’intérieur de la chaussure.

Le cousu Mocassin
Origine du mocassin
Le motage mocassin ou montage tubulaire sont deux synonymes. Le mocassin est un type de soulier qui nous vient des Indiens d’Amérique.
À l’origine, les mocassins étaient tous confectionnés à partir de cuirs très souples, les semelles très légères quant à elles permettaient une grande aisance de mouvement.

Caractéristiques du cousu mocassin
La confection de la tige du mocassin se termine par son plateau. La couture plateau est souvent faite à la main. Si le véritable mocassin indien n’a pas de semelle extérieure, le mocassin que nous connaissons a, quant à lui, évolué au fils du temps, et sa semelle peut être faite de cuir ou de gomme.
La fixation de la semelle est faite par couture de part en part, par collage ou par injection.

Le cousu Norvégien
Caractéristiques d’un montage norvégien
Le cousu tyrolien et le montage norvégien sont deux appellations synonymes. La couture tyrolienne est réalisée avec du fils poissé. Horizontale, elle relie la première (ou semelle intérieure) et la tige, laquelle est montée sur forme. On qualifie cette étape de fabrication de «passage en première». La tige est ensuite repliée vers l’extérieur et cousue à une semelle d’usure par une deuxième couture.
Cette couture à petits points est quant à elle verticale. Les deux coutures resteront visibles, il s’agit de la spécificité du cousu norvégien. Le pied repose sur une première en cuir solide et le garnissage épais offre un grand confort. Les souliers en cousu norvégien offrent une excellente résistance à l’humidité.


Le cousu California
Origine du montage California
Le nom de cette technique réfère à son origine géographique ; le cousu California est né et a été popularisé en Californie au cours de la Seconde Guerre Mondiale. En effet à cette époque les machines étaient affectées en priorité à la production d’articles militaires, le succès du cousu California tient dans le fait que ce dernier requiert un minimum de machines…
Caractéristiques du cousu California
Avec le cousu California, tout le montage de la chaussure tient en une seule couture : la couture California qui vient assembler la tige et la semelle intérieure. La forme est ensuite enfilée dans la tige cousue à la semelle intérieure, puis la bordure est rabattue sur une semelle intercalaire. Enfin on vient coller la semelle d’usure à la semelle intercalaire. Cette construction permet un grand confort, notamment grâce à la souplesse de la semelle et à l’épaisseur de l’intercalaire qui protège du sol.

Mise sur forme des chaussures - forçage
De nos jours, la largeur de nos souliers tend à se standardiser, on trouve de moins en moins de bottiers fabriquant des modèles dont on peut choisir le volume global de la chaussure, et non pas seulement une pointure. Les rares artisans chausseursqui réalisent encore des modèles dont on peut choisir une largeur (E, F, G, H…) adaptée à la morphologie de son pied proposent principalement des chaussures pour homme haut de gamme.
Définition de la technique dite du forçage
Il existe une technique ancestrale qu’utilisaient autrefois la plupart des artisans bottiers ou cordonniers afin que la chaussure se fasse au pied de son propriétaireet non pas le contraire. Cette technique s’appelle communément le forçage de la chaussure.
Cette technique requiert habileté et expérience, et recourt à une machine spécialisée. Sur cette machine, on vient placer un embout métallique spécifique en fonction du type de chaussures (escarpins, mocassins etc.), puis on insère dans la chaussure cet embout. La machine va doucement écarter l’embout composé de deux parties afin d’élargir la chaussure. Ce processus est long car on ne peut pas élargir la chaussure rapidement sans risquer d’abîmer les coutures et la peausserie.

Les limites du forçage d’une chaussure
Comme toute technique de correction, le forçage a également ses limites. On peut gagner plusieurs millimètres en élargissant la paire de chaussures, mais on reste soumis à des contraintes de construction de la chaussure elle-même (semelles, peausserie etc.), on ne peut donc pas espérer élargir la chaussure de plusieurs centimètres. Le forçage est contre-indiqué pour certaines matières telles que le cuir vernis, car cela pourrait engendrer des craquelures sur la paire de chaussures. En outre, on ne peut forcer toutes les zones d’une paire de chaussures, globalement, seule l’empeigne(partie de la chaussure allant du coup de pied jusqu’à l’extrémité avant de la chaussure) peut être forcée.
Le forçage comme solution pour soulager certains problèmes de pied
Le forçage d’une paire de chaussure peut être utilisé par certains comme un moyen d’adapter des chaussures à une anomalie du pied. Sur les photos ci-contre, vous verrez de petits bouts de métaux pouvant être posés sur l’embout métallique servant au forçage. Ces bouts de métaux servent à simuler une excroissance du pied comme un Hallux Valgus(ou oignon), de cette manière on peut forcer une paire de chaussures « sur-mesure » en fonction de la pathologie de la personne.


Toutes les images/schémas utilisés sur cette page sont la propriété de La Botte Chantilly et ne sont donc pas libres de droits.
